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LES JOURNÉES FORMATION

L ANALYSE ET LES PATIENTS DIFFICILES

Par :
Benjamin ABDESSADOK

Les cas  réputés difficiles se rencontrent  plus fréquemment dans la pratique analytique de nos jours. On assiste à une symptomatologie émotionnelle et affective, avec des alternances imprévisibles de tristesse, de dépression, de colère, associés à des sentiments de vide et d'ennui. Il en résulte une impulsivité et des agirs paradoxaux : addictions, passages à l'acte divers censés résoudre ces états émotionnels si intenses, états d'abandon, angoisse intense associée a des sentiments de persécution, risques suicidaires ....,ce qui induit des perturbations relationnelles considérables.  .

Lesdifficultés rencontrées dans ces cures évoquent bien sûr les états limites, les états ditsnarcissiques, et d'une manière plus large, l'inter-subjectivité est profondément mise à mal.

L'approche psychanalytique, souvent recherchée  par ces patients   se trouver confrontée à  la question des limites, du cadre, de la représentation, des dépendances affectives, des effets destructeurs des traumatismes infantiles, questions que Ferenczi avait  bien abordées  dans ses derniers écrits,  et qui ont été  reprises ensuite par  Winnicott. Elle sera illustrée au cours de cette journée par des exemples cliniques actuels.

LE CORPS HYPOCONDRIAQUE CLINIQUE ET THEORIE DE LA « POSSESSION »

Par :
Paul-Laurent ASSOUN

On parle de « malade imaginaire » pour désigner le sujet qui se croit atteint d’affections, en dépit des démentis médicaux. L’hypocondrie n’est pas une maladie imaginaire, mais une maladie de l’imaginaire, elle révèle la dimension conflictuelle du corps propre, bref le moment critique du spéculaire. Au-delà du souci hypocondriaque ordinaire, il y a une véritable souffrance du  sujet hypocondriaque. Ces plaintes diffuses, invisibles à l’examen et à l’imagerie médicale, trouvent leur cartographie dans le corps inconscient et pulsionnel. Elle donne donc une occasion privilégiée de saisir les dimensions libidinale, narcissique et agressive du « moi-corps », pris dans le conflit Eros/Thanatos.

Au plan clinique, cela permettra d’interroger la signification de tel épisode hypocondriaque, déterminant pour le diagnostic de tel patient. On aidera donc à  repérer la différente  portée du vécu hypocondriaque dans la  simple névrose d’angoisse, l’hystérie et la névrose obsessionnelle, mais surtout dans la psychose dont elle peut être l’événement initiateur, tel Schreber qui présente à l’origine un syndrome de paranoia somatica, ensuite stabilisée par le délire. La figure extrême en est le « syndrome de Cotard », délire mélancolique spectaculaire de corps sans organes et de délire de damnation. Cela mènera à la dimension « démoniaque » du corps à travers le sujet  supposé « possédé » et diabolisé par l’Autre, notamment sur le versant féminin et à la puberté. Cela permettra d’éclairer la notion lacanienne de « délocalisation de la jouissance »,  renchérissant sur les pathologies du narcissisme. Les « délires d’organes » révèlent à quel point le sujet peut s’angoisser de l’étrangeté radicale de son propre corps pulsionnel.

 

 P.-L. Assoun, Corps et symptôme. Leçons de psychanalyse, Editions Economica/Anthropos, 4e éd. ; Leçons psychanalytiques sur l’angoisse,Economica, 5e éd.

QUI COMMANDE? Psychanalyse de l’autorité et de l’obéissance

Par :
Gérard BONNET

L’autorité est contestée aujourd’hui, et à tous les niveaux, familial, social, groupal et même individuel. Et pourtant, aucune vie humaine n’est possible sans qu’elle n’intervienne à un titre ou un autre. La clinique en témoigne, l’anarchie ou le désordre entraînent chez certains sujets une véritable déstructuration à long terme et des souffrances psychiques paralysantes.

En réalité, le sujet humain prend d’emblée les commandes dès qu’il naît à la vie psychique, et c’est progressivement qu’il délègue certains de ses pouvoirs au fur et à mesure qu’il s’inscrit dans la vie collective, sans jamais renoncer à ce que Freud appelle son « autocratie ». On verra aussi comment s’opère cette délégation, et pourquoi elle joue un rôle déterminant dans la structuration psychique et dans les diverses relations sociales.   La relation à l’autorité est indispensable, mais elle est toujours fondée sur un compromis.

 

Gérard Bonnet est psychanalyse, docteur en psychologie et directeur de l'EPCI.  Il a notamment écrit Plaisir et jouissance (In Press 2018) et collaboré à Interdits et limites (In Press 2017) 

CLINIQUE DU SUJET AU TRAVAIL. DE LA JOUISSANCE AU MALAISE

Par :
Paul-Laurent ASSOUN

Le lieu de travail est aussi celui où à l’occasion le symptôme a lieu. Pourquoi la  conjoncture professionnelle est-elle propice à faire  surgir des conflits générateurs de symptômes, voire des décompensations dramatiques ? Il nous faut donc une clinique analytique précise de cette pratique sociale. C’est régulièrement une angoisse, parfois paroxystique, surgie dans telle situation professionnelle, qui justifie la demande d’analyse, donnant accès au conflit psychosexuel dans la problématique familiale d’origine. Pourquoi le sujet régule-t-il sa libido au moyen de l’activité laborieuse ? Comment peut-il faire d’une contrainte – « travail » vient de trepalium qui désigne un instrument de contrainte et de torture – une jouissance ? On dégagera les fonctions inconscientes du travail pour en interroger les symptômes, du sujet inhibé  aux « bourreaux du travail » , dont le travail envahit la vie, court-circuitant la sexualité. L’angoisse de « mal faire » – qui obligera à remonter jusqu’au travail scolaire --, l’exigence de ponctualité, la relation aux « collègue s» s’éclairent de l’angoisse sociale et du rapport au « surmoi laborieux ».

Pourquoi le travail est-il devenu un thème obsédant, polarisé sur les suicides jusque sur le lieu même du travail? En témoignera la relecture analytique du « burnout »  à la mode, ce syndrome d’épuisement au travail, sauf à en dégager la dimension inconsciente et la signification pour le « malaise de la culture » actuel sans lequel il est intelligibles. Le travail, sous ses formes ordinaires, a le mérite, souligne  Freud, d’attacher la libido à ce morceau de la réalité qu’est la  « communauté humaine » . Mais  cet éloge objectif du travail ne méconnaît pas sa nature de cocktail explosif de composantes narcissiques et agressives, de culpabilité intériorisée, qui expliquent  que le sujet peut passer du perfectionnisme à l’effondrement. Lieu de fixations névrotiques, mais aussi des manipulations perverses et des décompensations psychotiques.

 

Bibliographie : S.Freud, Malaise dans la culture, Inhibition, symptôme et angoisse ;

P.-L.Assoun, Le préjudice et l’idéal.Pour une clinique sociale du trauma, Economica, 2e éd.2012

LE MARIAGE ET SES SYMPTÔMES

Par :
Paul-Laurent ASSOUN

L’institution séculaire du mariage comporte une dimension psychique et symbolique majeure. Pourquoi se marie-t-on ? Qu’est-ce que l’homme et la femme attendent de l’union conjugale ? Espérance de « bonheur conjugal » qui survit à ses déceptions et même à ses ravages. Le mariage s’avère de fait un foyer… de symptômes.  On éclairera, par une analyse des textes freudiens, l’envers inconscient de  l’institution conjugale.

 Mais l’enjeu essentiel en est une clinique du sujet marié et de la différence sexuelle. Qu’est-ce que l‘état marié change au sujet ? Comment les unions les plus prometteuses s’exposent elles au malentendu qui débouche sur la séparation de ceux qui voulaient « faire un » ne sont plus d’accord que sur un point, la rupture, à travers ce deuil que constitue le divorce. Ou bien demeurent, malgré l’éloignement, inséparables, jusqu’à ce que l’on peut appeler « masochisme conjugal ». Que signifie l’adultère, au masculin et au féminin ? Quel usage les sujets, dans les conjonctures névrotique, psychique et perverse, ont-ils du mariage ? Comment situer dans ce contexte le « mariage homosexuel », à l’ordre du jour ? Quel est finalement l’objet de ce « bien conjugal » que les sujets cherchent, au-delà de la forme sublimée du « sacrement » ? C’est bien la version conjugale du désir  et de ses conflits qui doit mis au jour et dont les enjeux apparaissent lors d’une analyse.

 

P.-L. Assoun, L’énigme conjugale. Psychanalyse du mariage, Presses Universitaires de France, 2018.

 

Paul-Laurent Assoun, professeur à l’Université Paris-7, psychanalyste,  directeur de recherche membre du CRPMS et de l’Ecole doctorale « Psychanalyse et psychopathologie »

LES CONDUITES SEXUELLES VIOLENTES

Par :
Samuel LEPASTIER

CLINIQUE DE LA REPETITION

Par :
Paul-Laurent ASSOUN

L’impulsion est une poussée incoercible submergeant le sujet, le faisant basculer  d’un instant à l’autre dans un acte, souvent destructeur. Force psychique spontanée et irrésistible,  ressort de ce que l’on appelle « passage à l’acte ».  L’impulsion, symptôme isolé, spectaculaire, doit être situé en sa signification inconsciente par rapport à la « pulsion » et à la « compulsion », au-delà de l’étiquette courante de « phobie d’impulsion ». On en détaillera les figures, du raptus obsessionnel à la bouffée délirante, en passant par l’impulsion suicidaire et la fugue, adolescente ou adulte, ainsi que les états confusionnels.

Cet important problème clinique, avec ses éventuelles retombées pénales,  de la kleptomanie à la pyromanie, s’éclaire à partir de l’excitation dont elle constitue un destin moteur. Le processus impulsionnel fournit un accès privilégié, via la métapsychologie, à une clinique de la répétition et de la pulsion de mort.

 

 

P.-L. Assoun, L’excitation et ses destins inconscients. Court Traité psychanalytique de l’excitation, Presses Universitaires de France, 2013.

 

 

Paul-Laurent Assoun, professeur à l’Université Paris-7, psychanalyste,  directeur de recherche membre du CRPMS et de l’Ecole doctorale « Psychanalyse et psychopathologie »

L'INCONSCIENT ET L'ENFANT

Par :
Benjamin ABDESSADOK

 

La cure de l’enfant permet de repérer sa place dans l’inconscient parental et plus largement familial. On étudiera comment s’effectue sa construction psychique en abordant les moments clés de sa structuration et en se fondant sur divers cas cliniques.

En références aux grands auteurs psychanalytiques : Freud, Mélanie Klein, D. Winicott, F. Dolto, J. Lacan...

 

Benjamin ABDESSADOK psychanalyste (SPF), membre de la Société de Psychanalyse Freudienne et du Conseil d’Administration de l’E.P.C.I.

Voici les prochaines journées formations pour 2019   Paul-Laurent Assoun, 12 mars 2018 : Le mariage et ses symptômes
Parcours, écrits et interventions de 1968 à nos jours de G. BONNET

Interventions de G. Bonnet disponibles à l’EPCI   Ces textes peuvent être commandés : 3€ par texte et 1€ de
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