Inscriptions enseignement
LES JOURNÉES FORMATION

CONVERSION ET SOMATISATION

Par :
Samuel LEPASTIER

Les élaborations théoriques concernant la médecine psychosomatique se distribuent autour de deux pôles. Pour les uns, le trouble psychosomatique est la transcription d’une « hystérie généralisée » ou « archaïque », ce qui conduit à en rechercher le sens, tandis que pour d’autres - en particulier ceux regroupés dans « l’École de Paris », le trouble psychosomatique constitue une paire contrastée avec le symptôme hystérique car il résulterait d’un « défaut de mentalisation » et il serait vain de vouloir l’interpréter en tant que tel. La multiplicité des points de vue, comme la vivacité des confrontations et débats, témoigne d’une recherche en plein essor. Que ces différentes perspectives soient toutes issues de l’hystérie confère à cette dernière affection une fonction paradigmatique.

L’objet de la journée est de familiariser les auditeurs avec l’ensemble des théories psychosomatiques contemporaines avant de tirer des enseignements de leur confrontation. À partir de là, un autre regard peut être porté sur l’expérience de la maladie quelle qu’en soit l’étiologie. 

 

Samuel Lepastier est psychanalyste (SPP), directeur de recherche à l’université Paris Diderot et chercheur associé à l’Institut des Sciences de la communication du CNRS. Il est l’auteur d’un ouvrage L’incommunication, paru en 2013 à CNRS-éditions.

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QUELLE VERITE À L'ENFANT

Par :
Caroline BONNET

“Toute vérité est-elle bonne à dire?” surtout à l’enfant ! On entend encore objecter : “il ne comprendra pas, il est trop petit”, “c’est un sujet d’adultes”... Certains parents ne parlent pas de leur séparation, de leur maladie ou de leur chômage, de l’adoption. Beaucoup se demandent aussi s’ils doivent évoquer leur propre histoire, leur vécu personnel...

Aujourd’hui encore, parler à l’enfant n’est donc pas évident pour tout le monde, et les conséquences sont nombreuses dans les prises en charge actuelles. On dit que les enfants comprennent tout, mais comment leur parler en tenant compte de leur imaginaire ?

La vérité peut avoir un rôle structurant dans le développement psycho-affectif, elle est “libératrice” dans les situations traumatiques. Encore faut-il préciser ce que l’on entend par vérité, son rôle et ses limites,  comment parler vrai et ce qui peut l’empêcher.

Il sera question au cours de cette journée des points de vue et du positionnement des différentes théories et auteurs face à cette question primordiale. A travers différentes vignettes cliniques, on abordera les non dits, les secrets de famille,  comment tenir compte de l’âge de l’enfant, de ce qu’il ressent, de ce qu’il peut comprendre.

 

 

Caroline Bonnet est docteur en psychologie, psychologue clinicienne en CAFS depuis 10 ans

L'ANGOISSE DE CASTRATION

Par :
Paul-Laurent ASSOUN

L’angoisse de castration peut être tenue pour l’article fondamental de la conception freudienne de l’inconscient. Mais paradoxalement c’est le plus difficile à rendre visible. Au-delà de la crainte de la mutilation génitale – ce que désigne proprement le terme castration --, comment se manifeste cette angoisse, particulièrement éprouvante -- ce que Lacan désigne comme « la plaisanterie pas drôle du tout»?

Dans un premier temps, se trouvera décrite la genèse qui fait passer de l’angoisse originaire de séparation à cette angoisse de castration qui en dérive, mais qu’elle éclaire rétrospectivement – ainsi que sa dimension fantasmatique.

En un second temps, sera présentée, à la lueur de la métapsychologie de l’angoisse de castration, une sorte de phénoménologie concrète de ses manifestations phobiques, chaque fois que le sujet se trouve dans la situation d’impuissance, de ne pas, de ne plus « pouvoir », essentielle à reconnaître dans l’expérience clinique sous son expression symbolique.

Enfin, on différenciera la posture respective de l’homme et de la femme envers la castration. Crainte chez la femme  de la disparition (aphanisis) de la capacité même de jouir. La  différence chez Lacan entre la « jouissance phallique » et cette mystérieuse « Autre jouissance » propre à la femme sera ressaisie par l’angoisse. On verra ainsi la considérable portée anthropologique de cette prise du sujet désirant dans la castration, qui en est la limite et la condition.

P.-L.Assoun, Leçons psychanalytiques sur la phobie, Economica, 3e éd.,2011; Leçons psychanalytiques sur Masculin et Féminin, Economica,2e éd.,2013.

 

Paul-Laurent Assoun, professeur à l’Université Paris-7, psychanalyste,  directeur de recherche membre du CRPMS et de l’Ecole doctorale « Psychanalyse et psychopathologie».

GÉRER VOS IDÉAUX

Par :
Gérard BONNET

Les idéaux naissent en chaque sujet à la charnière entre une expérience intime originelle et une incitation sociale ou collective. Ils s’imposent de façon différente selon l’histoire de chacun et se diversifient au fil de l’existence où ils deviennent à la fois les vecteurs du désir et des exigences sans pareilles.

S’ils sont souvent moteurs et dynamisants, ils deviennent aussi parfois excessifs et destructeurs. Il n’est pas d’analyse où la tyrannie de l’idéal ne se manifeste sous un jour ou un autre.`

L’objectif de cette journée sera de voir comment repérer l’idéal en chacun, suivre son évolution, son histoire, en repérer les avantages et les risques, et trouver comment le gérer de telle façon qu’il soit surtout un facteur de vie.

 

Gérard Bonnet est psychanalyste (APF) et Directeur de l’EPCI. Il a écrit de nombreux ouvrages et notamment L’Angoisse, In Press, 2015,  et L’idéal, In Press, 2017.

LE SENTIMENT D'ABANDON. Clinique de la détresse

Par :
Paul-Laurent ASSOUN

L’abandon constitue une expérience vécue essentielle, sentiment poignant d’être laissé en plan par l’autre. Encore convient-on de lui donner un statut analytique, pour mieux en situer la signification. Action de cesser de s’occuper d’une chose à laquelle on tient, de rompre le lien qui attachait une personne à une chose ou à une personne, l’abandon désigne aussi l’action de renoncer à la possession d’un bien.

La notion de « névrose d’abandon » (G.Guex) est un repère important, mais aussi  problématique, comme l’a montré Lacan. Car au-delà de quelque névrose spécifique, l’expérience abandonnique permet de revenir à la dimension de l’objet de la demande et à cette dimension de détresse (Hilfslosigkeit), dont la traduction par « dés-aide » montre l’articulation avec « l’appel à l’aide » qui éclaire les états abandonniques. De la clinique du «marasme» dans la relation mère-enfant à l’expérience de l’abandon amoureux, on explorera la clinique croisée de l’abandon et de la détresse, jusqu’en sa forme sublimée nommée « déréliction » (« Père, pourquoi m’as tu abandonné ?»). Cela permettra de revisiter l’expérience de la perte et du deuil, « par la mort ou l’infidélité », selon l’expression freudienne.

 

Paul-Laurent Assoun, professeur à l’Université Paris-7,  psychanalyste, directeur de recherchemembre du CRPMS et de l’Ecole doctorale «Psychanalyse et psychopathologie» .

DE L'ATTACHEMENT AU LIEN

Par :
Benjamin ABDESSADOK

La notion d’attachement telle qu’elle a été développéepar J. Bowlby, ainsi que les travaux de Spitz sur les effets des séparations précoces mère-enfants et les différents repérages comportementaux de la structuration de l’enfant, se sont développés parallèlement aux travaux de D. Winnicott  sur la maturation psychique, la subjectivation et la constitution du lien à l’ autre .

L’objectif de cette journée est d’aborder à partir des liens premiers aux figures d’attachement, et leurs  différents  schèmes les modes de structuration psychique et les types de liens affectifs qui vont se mettre en place au cours de la vie : du bébé à la personne âgée. Que cela s’exprime sur la forme de mode d’organisation psychique plus ou moins stables (« états-limites », tendances aux passages à l’acte, carences affectives et insécurité profonde .... états psychotiques) de types de relations à l’autre, ou encore dans la relation thérapeutique. Les travaux de ces auteurs ont eu un impact considérable sur les pratiques institutionnelles, auprès d’enfants notamment et aussi dans les différents lieux de prise en charge et d’accueil de personnes en difficultés.

A partir d’exemples cliniques et de situations analysées, il s’agira d’aborder les aléas des différents types d’attachement premiers et les modalités de la constitution des différentes sortes de liens à l’autre et de la place donnée à l’autre dans la relation.

Benjamin Abdessadok est psychanalyste, diplômé en psychopathologie de l’Université  Paris VII, et titulaire d’un D.E.A. Praticien en Hôpital psychiatrique, il a assuré le cours sur les entités cliniques à l’EPCI depuis plusieurs années. 

L ANALYSE ET LES PATIENTS DIFFICILES

Par :
Benjamin ABDESSADOK

Les cas  réputés difficiles se rencontrent  plus fréquemment dans la pratique analytique de nos jours. On assiste à une symptomatologie émotionnelle et affective, avec des alternances imprévisibles de tristesse, de dépression, de colère, associés à des sentiments de vide et d'ennui. Il en résulte une impulsivité et des agirs paradoxaux : addictions, passages à l'acte divers censés résoudre ces états émotionnels si intenses, états d'abandon, angoisse intense associée a des sentiments de persécution, risques suicidaires ....,ce qui induit des perturbations relationnelles considérables.  .

Lesdifficultés rencontrées dans ces cures évoquent bien sûr les états limites, les états ditsnarcissiques, et d'une manière plus large, l'inter-subjectivité est profondément mise à mal.

L'approche psychanalytique, souvent recherchée  par ces patients   se trouver confrontée à  la question des limites, du cadre, de la représentation, des dépendances affectives, des effets destructeurs des traumatismes infantiles, questions que Ferenczi avait  bien abordées  dans ses derniers écrits,  et qui ont été  reprises ensuite par  Winnicott. Elle sera illustrée au cours de cette journée par des exemples cliniques actuels.

 

LE CORPS HYPOCONDRIAQUE CLINIQUE ET THEORIE DE LA « POSSESSION »

Par :
Paul-Laurent ASSOUN

On parle de « malade imaginaire » pour désigner le sujet qui se croit atteint d’affections, en dépit des démentis médicaux. L’hypocondrie n’est pas une maladie imaginaire, mais une maladie de l’imaginaire, elle révèle la dimension conflictuelle du corps propre, bref le moment critique du spéculaire. Au-delà du souci hypocondriaque ordinaire, il y a une véritable souffrance du  sujet hypocondriaque. Ces plaintes diffuses, invisibles à l’examen et à l’imagerie médicale, trouvent leur cartographie dans le corps inconscient et pulsionnel. Elle donne donc une occasion privilégiée de saisir les dimensions libidinale, narcissique et agressive du « moi-corps », pris dans le conflit Eros/Thanatos.

Au plan clinique, cela permettra d’interroger la signification de tel épisode hypocondriaque, déterminant pour le diagnostic de tel patient. On aidera donc à  repérer la différente  portée du vécu hypocondriaque dans la  simple névrose d’angoisse, l’hystérie et la névrose obsessionnelle, mais surtout dans la psychose dont elle peut être l’événement initiateur, tel Schreber qui présente à l’origine un syndrome de paranoia somatica, ensuite stabilisée par le délire. La figure extrême en est le « syndrome de Cotard », délire mélancolique spectaculaire de corps sans organes et de délire de damnation. Cela mènera à la dimension « démoniaque » du corps à travers le sujet  supposé « possédé » et diabolisé par l’Autre, notamment sur le versant féminin et à la puberté. Cela permettra d’éclairer la notion lacanienne de « délocalisation de la jouissance »,  renchérissant sur les pathologies du narcissisme. Les « délires d’organes » révèlent à quel point le sujet peut s’angoisser de l’étrangeté radicale de son propre corps pulsionnel.

 

 P.-L. Assoun, Corps et symptôme. Leçons de psychanalyse, Editions Economica/Anthropos, 4e éd. ; Leçons psychanalytiques sur l’angoisse,Economica, 5e éd.

QUI COMMANDE? Psychanalyse de l’autorité et de l’obéissance

Par :
Gérard BONNET

L’autorité est contestée aujourd’hui, et à tous les niveaux, familial, social, groupal et même individuel. Et pourtant, aucune vie humaine n’est possible sans qu’elle n’intervienne à un titre ou un autre. La clinique en témoigne, l’anarchie ou le désordre entraînent chez certains sujets une véritable déstructuration à long terme et des souffrances psychiques paralysantes.

En réalité, le sujet humain prend d’emblée les commandes dès qu’il naît à la vie psychique, et c’est progressivement qu’il délègue certains de ses pouvoirs au fur et à mesure qu’il s’inscrit dans la vie collective, sans jamais renoncer à ce que Freud appelle son « autocratie ». On verra aussi comment s’opère cette délégation, et pourquoi elle joue un rôle déterminant dans la structuration psychique et dans les diverses relations sociales.   La relation à l’autorité est indispensable, mais elle est toujours fondée sur un compromis.

 

Gérard Bonnet est psychanalyse, docteur en psychologie et directeur de l'EPCI.  Il a notamment écrit Plaisir et jouissance (In Press 2018) et collaboré à Interdits et limites (In Press 2017) 

CLINIQUE DU SUJET DU TRAVAIL. DE LA JOUISSANCE AU MALAISE

Par :
Paul-Laurent ASSOUN

Le lieu de travail est aussi celui où à l’occasion le symptôme a lieu. Pourquoi la  conjoncture professionnelle est-elle propice à faire  surgir des conflits générateurs de symptômes, voire des décompensations dramatiques ? Il nous faut donc une clinique analytique précise de cette pratique sociale. C’est régulièrement une angoisse, parfois paroxystique, surgie dans telle situation professionnelle, qui justifie la demande d’analyse, donnant accès au conflit psychosexuel dans la problématique familiale d’origine. Pourquoi le sujet régule-t-il sa libido au moyen de l’activité laborieuse ? Comment peut-il faire d’une contrainte – « travail » vient de trepalium qui désigne un instrument de contrainte et de torture – une jouissance ? On dégagera les fonctions inconscientes du travail pour en interroger les symptômes, du sujet inhibé  aux « bourreaux du travail » , dont le travail envahit la vie, court-circuitant la sexualité. L’angoisse de « mal faire » – qui obligera à remonter jusqu’au travail scolaire --, l’exigence de ponctualité, la relation aux « collègue s» s’éclairent de l’angoisse sociale et du rapport au « surmoi laborieux ».

Pourquoi le travail est-il devenu un thème obsédant, polarisé sur les suicides jusque sur le lieu même du travail? En témoignera la relecture analytique du « burnout »  à la mode, ce syndrome d’épuisement au travail, sauf à en dégager la dimension inconsciente et la signification pour le « malaise de la culture » actuel sans lequel il est intelligibles. Le travail, sous ses formes ordinaires, a le mérite, souligne  Freud, d’attacher la libido à ce morceau de la réalité qu’est la  « communauté humaine » . Mais  cet éloge objectif du travail ne méconnaît pas sa nature de cocktail explosif de composantes narcissiques et agressives, de culpabilité intériorisée, qui expliquent  que le sujet peut passer du perfectionnisme à l’effondrement. Lieu de fixations névrotiques, mais aussi des manipulations perverses et des décompensations psychotiques.

 

Bibliographie : S.Freud, Malaise dans la culture, Inhibition, symptôme et angoisse ;

P.-L.Assoun, Le préjudice et l’idéal.Pour une clinique sociale du trauma, Economica, 2e éd.2012

      Appel à financement pour un projet de film avec Elsa Cayat         Je suis journaliste à Charlie
Le programme des journées formation pour septembre à décembre 2018 sont affichés sur notre site. Vous trouverez le détail des thèmes abordés.
Voici le changement de programme pour les soirées A partir du 12 Février prochain :   12 Février : LES ETATS LIMITES Avec
Parcours, écrits et interventions de 1968 à nos jours de G. BONNET

Interventions de G. Bonnet disponibles à l’EPCI   Ces textes peuvent être commandés : 3€ par texte et 1€ de
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