Après un rappel de la biographie de Freud et de la biographie des textes freudiens, seront envisagées les notions les plus essentielles de la psychanalyse.
Les différents aspects du fonctionnement psychique et de sa pathologie seront étudiées dans une perspective métapsychologique, à travers les concepts freudiens et leurs évolutions.
Les diverses modalités thérapeutiques psychanalytiques seront parcourues.
Cette journée de formation permettra d'avoir les connaissances de base de la psychanalyse et de se repérer dans l'oeuvre freudienne.
Philippe Lacroix est ancien Chef de Clinique, Assistant des Hôpitaux de Paris, Psychiatre des Hôpitaux. Il est membre du conseil d'administration de l'EPCI.
En tant que telle, la violence n’est pas un mal, c’est une nécessité. Elle bouillonne au cœur de la vie psychique et fournit au sujet humain la force de s’affirmer et de se réaliser, aussi bien dans son contexte familier, humain, qu’au sein de la réalité et du monde en général.
Mais d’où vient cette violence, quelle en est la source ? Comment se fait-il qu’elle se transforme facilement en force de destruction et de mort, pour soi et pour les autres ? Quelles sont les voies possibles pour limiter cette transformation néfaste, ou pour la sublimer ?
Telles sont les questions qui seront traitées au cours de cette journée, selon deux axes combinés :
- En partant des situations cliniques où elles se posent : chez l’enfant, dans les pathologies perverses, dans le contexte institutionnel, social, conjugal, dans la relation thérapeutique et dans le transfert.
- En se fondant sur les notions fondatrices de l’analyse : la séduction, le sadisme originaire, les relations primaires, les pulsions de vie et de mort, etc.
Gérard Bonnet est psychanalyste (APF) et Directeur de l’Ecole de Propédeutique à la Connaissance de l’Inconscient. Il a écrit de nombreux articles et ouvrages en psychanalyse, spécialement à propos de la violence perverse : La perversion, de venger pour survivre (PUF, 2008) et Les perversions sexuelles (5ème ed. PUF 2011).
Le narcissisme représente pour Freud un aspect déterminant de l'économie du plaisir, une composante permanente et indépassable du sujet humain, lieu d'unification des processus psychiques internes et externes qui définit l'être corporel.
Référence indispensable dans le travail de la cure analytique, son analyse permet le dépassement de bien des impasses et des difficultés; Cette journée sera organisée en trois temps :
- Définir et suivre le développement de cette notion dans l'oeuvre freudienne et repérer le tournant théorique essentiel qu'elle va introduire dans la conceptualisation de la vie psychique.
- Envisager les pathologies narcissiques et les difficultés et impasses rencontrées dans les cures de patients "états-limites" ou narcissiques, la cure de patients psychotiques (retrait libidinal, idéalisation....) suite aux travaux de Mélanie Klein, prolongés par des psychanalystes anglo-saxons : H. Rosenfeld, H. Kohut. On verra comment D.W. Winnicott va introduire dans la constitution du narcissisme primaire du jeune enfant le rôle central du miroir joué par le visage maternel, point essentiel dans la structuration psychique de l'enfant. Dorénavant la prise en considération de l'"environnement" maternel et de l'expérience émotionnelle et affective de celle-ci enrichira considérablement la compréhension et le rôle du narcissisme dans la vie psychique du sujet.
- On verra enfin comment à la suite des travaux de J.Lacan (le stade du miroir, lieu d' identification du sujet), une dynamique nouvelle a été introduite dans l' approche du narcissisme au point d'en faire une référence centrale dans l'analyse de structures névrotiques, de certaines perversions et des évolutions psychotiques .
Chacun de ces temps d' exposés sera accompagné de courtes présentations cliniques, de références bibliographiques, et suivi d'un débat avec les participants .
Benjamin ABDESSADOK est psychanalyste, membre de la Société de Psychanalyse Freudienne et du Conseil d’Administration de l’E.P.C.I.
Comment la pathologie se déclenche-t-elle ? Comment le conflit sous-jacent se déclare-t-il et vient-il au jour ? Pas de question plus dramatiquement concrète pour la clinique : pourquoi et comment le symptôme se déclare-t-il un jour ?
C’est d’abord la question du passage à l’acte ou acte-symptôme. Mais c’est aussi, plus structurellement, la mise en acte du symptôme, soit le moment du « déclenchement » -- ce que l’on appelle « décompensation ». On se centrera donc sur le moment de déclenchement spectaculaire, des phobies aux délires. C’est aussi la fonction de la « première fois » -- premier mouvement du toxicomane vers la drogue -- ou de la somatisation. Cela rend enfin possible une mise en perspective de l’acte criminel.
Cette vaste traversée clinique se fera à travers une question centrale : que peut-on dire de ce passage de la puissance à l’acte, c’est-à-dire d’une structure sous-jacente -- notion à situer au passage -- à un symptôme avéré et visible ? Une «clinique du déclenchement » révèle le moment «historique», catastrophique mais aussi révélateur. Y a-t-il des structures qui ne se « déclenchent » pas ? On situera par là même le rôle de ce moment inaugural dans la constitution subjective et ses effets pour l’intervention thérapeutique dans l’optique analytique. Il s’agit d’aider à sortir de l’imaginaire du drame pour interroger une clinique du réel, en s’appuyant sur la théorie freudienne de «l’entrée dans la maladie» et les apports lacaniens sur les fonctions du réel, de l’imaginaire et du symbolique.
Paul-Laurent ASSOUN est Professeur à l’Université Paris-7, psychanalyste. Auteur de «Freud, Sur la sexualité féminine» et «Freud et la femme», Payot, 4e éd., 2003
On verra d'abord la place singulière de l’adolescence dans l’histoire en général et plus particulièrement dans l’histoire de la psychanalyse. Pourquoi Freud lui fait-il si peu de place ? Pourquoi surtout le concept de pubertaire suscite encore des controverses dans le monde analytique ?
On envisagera ensuite l’impact du pubertaire sur le sujet lui-même. Quelles transformations psychiques la puberté inaugure-t-elle ? Comment l’encore enfant peut-il intégrer la nouvelle donne ? Le travail de recherche d’unité à partir d’inconciliable, l’infantile et le pubertaire, pourrait être un modèle de l’activité psychique humaine confrontée aux étapes du développement.
Le pubertaire contraint à une création de soi que l’environnement peut empêcher ou soutenir. Quelle dynamique ce changement interne inaugure-t-il dans la famille pour que l'adolescent s'achemine vers l'autonomie ?
La reconnaissance de la spécificité de l’adolescence a des conséquences sur les thérapies d’adolescents. Elle ouvre des voies pour soutenir la création de soi à partir de la narration ou des actes que les adolescents apportent sur la scène familiale, institutionnelle ou analytique.
Caroline Lebrun est psychologue clinicienne, docteur en psychologie, membre du CILA (Collège International de l’Adolescence). Sa thèse portait sur la place du téléphone dans la psyché de l’adolescent. Elle a travaillé sur le vêtement d’enfant et d’adolescent et publié plusieurs articles dans la revue Adolescence sur ses recherches théorico-cliniques.
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Alors que la question de l'avoir ou du manque concerne essentiellement, chez Freud, la problématique phallique, l'Esquisse (1895, ajouté à une lettre à Fliess), s'ordonne autour d'une structure différente. Le nouveau-né y est présenté comme "sans aide" (hilflos), dans un état de "détresse" (Hilflosigkeit); or l'accès à la vie psychique, dans son pouvoir de distinguer satisfaction et souffrance, est entravé quand cette aide, apportée par le Nebenmensch, est défaillante. Le texte distingue en effet une souffrance intervenant comme "refus de fonctionnement" et une "expérience de souffrance" rendant nécessaire la présence d'un "proche" qui, avant de prodiguer l'"objet" correspondant à un besoin éventuel, apporte une "attention" interprétative. C'est ainsi que la "détresse initiale" est posée par Freud comme "source originaire de tous les motifs moraux".
Monique Schneider, psychanalyste (SPF), a écrit Généalogie du masculin et Le Paradigme féminin, republiés dans "Champs", Flammarion, 2006, ainsi que La détresse aux sources de l'éthique, Seuil, 2011.
Quels sont les ressorts inconscients du désir d’enfant chez la femme ? Cette question centrale oblige à considérer en quoi le « devenir-mère » s’inscrit dans un rapport inconscient à l’objet. « L’enfant » est conçu dans le fantasme avant d’être conçu et procréé (et peut-être pour pouvoir l’être). Il hérite d’une série d’objets désirables, mais en l’enfant culmine le mouvement désirant-pulsionnel (Wunsch)– Lacan le mettant même en position de « fétiche » de la mère.
Cela implique de dégager toutes les conséquences de cette position quand aux avatars de la maternité, de la maternité radieuse à la maternité empêchée, la stérilité supposée psychogène s’inscrivant en contraste révélateur. Mais c’est aussi l’au-delà de la maternité qui est en jeu, soit le « retour » à la féminité : on mettra l’accent sur le moment du sevrageoù la mère a à produire un travail psychique au moins aussi important que le « travail » de l’accouchement et le travail psychique du désir, soit se sevrer de l’enfant -- le traumatisme du sevrage concernant la mère au moins autant que l’enfant. C’est peut-être dans le « post-sevrage » que s’éprouve le devenir-femme en son réel.
C’est l’occasion de situer la maternité comme moment de vérité pour le couple et de l’inscrire dans la dialectique du maternel et du féminin. Ainsi aura-t-on une vue d’ensemble dynamique sur l’événement de la maternité et ses symptômes…
Ouvrages de référence de cette recherche : Paul-Laurent Assoun, Freud et la femme, Petite Bibliothèque Payot, 4e éd ., 2003 ; Le couple inconscient, Anthropos/Economica, 2e éd., 2004; Leçons psychanalytiques sur Masculin et féminin, Economica, 2e éd., 2007.
Paul-Laurent ASSOUN est Professeur à l’Université Paris-7, psychanalyste.
La distinction de ces trois termes, introduite par Lacan dans la psychanalyse, parait actuellement chose admise voire évidente aux analystes, de quelque Ecole ou Société qu’ils se recommandent. Mais cette évidence fait oublier le contexte et les enjeux, théoriques et pratiques, qui ont rendu cette distinction nécessaire aux yeux de Lacan. Et peut-être, du coup, ne savons-nous plus manier ces termes avec la pertinence souhaitable.
Besoin, demande, désir. Il s’agissait de remettre la psychanalyse à l’heure de la psychanalyse freudienne, selon Lacan. L’analyse ne pouvait plus se fonder sur une conception du développement de l’individu comme passant d’un stade à l’autre jusqu’à un supposé stade génital accompli, et tel que la cause de la névrose serait assignable à des frustrations malencontreuses, et somme toute, réparables.
Du sujet du besoin, aux objets qui pourraient le satisfaire, s’interpose ce que Lacan appelle à l’occasion « le mur du langage ». Il faut en passer par les « signifiants » qui sont là, dans le monde humain où l’on parle. Mais toute parole se fait demande, qui en son fond est demande « inconditionnée » d’amour. Comme telle, elle laisse le sujet dans une dépendance, voire une servitude à l’égard de l’Autre. Que faut-il pour que le besoin passe au registre du désir, désir tel que le sujet , dans sa relation à l’autre, ne se contente pas d’être simplement sujet du besoin, ni objet de l’amour, mais qu’il « tienne lieu de cause du désir » ? L’abord inédit que propose Lacan du désir implique une nouvelle définition du sujet dans la psychanalyse, et un autre regard clinique que nous tenterons de cerner tel qu’il a essayé de nous le rendre sensible dans les années 1956-59 de son enseignement.
Marjolaine Hatzfeld est psychanalyste, et elle a été directrice de programme au Collège International de philosophie.
THEORIE ET CLINIQUE
Comment le sujet peut-il se proposer sa propre destruction et la réaliser ? Il s’agit d’examiner l’apport de la psychanalyse à la question du suicide : comment le moi peut-il surmonter les puissantes pulsions d’auto-conservation au point d’accomplir sa propre immolation ? A quelle logique inconsciente obéit cet obscur sacrifice ? Une clinique du suicide mène à la mélancolie qui apprend que le sujet doit se traiter en objet pour viser à tuer en sa propre personne l’objet perdu et persécutif incorporé. Cela pose la question du suicide comme acte-symptôme pur et extrême. On évoquera également le paradoxe de la manie comme échappée au suicide et du moment maniaque qui peut précéder parfois l’acte suicidaire. L’approche clinique inclut les impulsions suicidaires observées dans la névrose, hystérique et obsessionnelle, ainsi que le suicide psychotique ordonné par les « voix » hallucinées. Cela réinterroge l’autonuisance dans l’anorexie comme dans les toxicomanies ainsi que les conduites dites à risque de la puberté.
Freud interroge aussi et surtout cette espèce de conduites suicidaires, par lesquelles le sujet accomplit, à son propre insu, son auto-sabordage, « au-delà du principe de plaisir » qui pousse le sujet à la répétition du pire, en une forme paradoxale de jouissance. Cela permet d’interroger les conduites d’échec, les névroses de destinée, expression de la pulsion de mort, via le « masochisme moral ». Au-delà on questionnera la modalité féminine du suicide sacrificiel dont la figure d’Antigone est représentative.
Références de la recherche : Paul-Laurent Assoun, Le préjudice et l’idéal, Economica, 2e éd.,2011 ; Leçons psychanalytiques sur le masochisme, L’angoisse, Economica ; L’énigme de la manie,Editions Arkhè, 2010.
Paul-Laurent ASSOUN est Professeur à l’Université Paris-7, psychanalyste.
La séduction fut la toute première théorie de Freud, et il n’y a jamais complètement renoncé. Jean Laplanche l’a reprise et élargie en terme de «séduction généralisée» en estimant qu’elle concernait tous les sujets humains. Les pervers en usent et en abusent en la justifiant selon leurs propres désirs. Elle constitue bien souvent dans la société actuelle le moyen le plus sûr de se faire sa place et de progresser.
L’objectif de cette journée est d’analyser sous toutes ses faces cette notion qui occupe une place centrale dans la vie psychique, et de faire le point sur la signification qu’on lui donne. C’est d’abord l’un des fantasmes originaires, un fantasmeque Freud considère comme fondateur, essentiel. C’est aussi une réalité, car il est clair que les premières relations entre parents et enfants sont à base de séduction, et que celle-ci conditionne la vie psychique ultérieure. C’est enfin dans l’inconscient un élément moteur de toute rencontre : son ambivalence est inévitable et il importe d’en analyser la dimension sexuelle pour qu’elle ne se transforme pas en possession de l’autre.
Gérard Bonnet est Psychanalyste (APF) et Directeur de l’Ecole de Propédeutique à la Connaissance de l’Inconscient. Il a écrit de nombreux articles et ouvrages en psychanalyse, notamment : Les Idéaux Fondamentaux, des fondations inéluctables mais explosives (PUF, 2010) et Le Transfert dans la clinique psychanalytique (PUF, 3ed. 2005).